Intégrité de l’information à la COP30: analyse d’une initiative historique

Lors de la COP30, un premier groupe d’États s’est engagé à promouvoir l’intégrité de l’information sur le changement climatique et a appelé à des efforts coordonnés de la communauté internationale, de la société civile et du secteur privé pour garantir une information fiable et transparente sur le climat. Le Forum sur l’Information et la Démocratie salue cette étape importante et invite davantage d’États à rejoindre cette initiative.

Pour la première fois, la lutte contre la désinformation climatique figurait à l’agenda de la COP30, organisée par le Brésil à Belém du 12 au 21 novembre. Parmi les nombreuses discussions et productions, un premier groupe de 12 pays s’est engagé à protéger une information fondée sur la science comme socle de l’action climatique, à travers la Déclaration sur l’intégrité de l’information relative au changement climatique. Depuis, 9 autres pays ont rejoint le mouvement.

Cette Déclaration appelle notamment les différentes parties prenantes à prendre des mesures concrètes pour préserver l’intégrité de l’information sur le changement climatique, telles que :

  • Pour les gouvernements : « Créer et mettre en œuvre des politiques et cadres juridiques conformes au droit international des droits humains, qui promeuvent l’intégrité de l’information sur le changement climatique, et respectent, protègent et promeuvent les droits humains ; et garantir la sécurité des journalistes spécialisés dans l’environnement et autres voix publiques ; »
  • Pour le secteur privé : « S’engager en faveur de l’intégrité de l’information sur le changement climatique dans leurs pratiques commerciales ; »
  • Pour la société civile et le monde académique : « Intégrer l’intégrité de l’information sur le changement climatique dans leurs travaux. »

« Nous saluons le lancement de cette première Déclaration, qui relie deux risques interdépendants pour l’humanité : la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de nos écosystèmes informationnels », a déclaré Camille Grenier. « Cependant, nous avons désespérément besoin d’aller au-delà de déclarations d’intention et de mettre en œuvre des mesures concrètes. Dans les prochains mois, notre groupe de travail dédié s’appuiera sur la Déclaration pour élaborer des plans d’action nationaux concrets pour chaque signataire. »

Ce résultat s’inscrit dans la continuité de l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique, menée par l’UNESCO, les Nations Unies et le gouvernement brésilien. En tant que membre du Groupe consultatif de cette Initiative, le Forum sur l’Information et la Démocratie a contribué à la rédaction de la Déclaration et veillé à ce que des sujets tels que la durabilité des médias et la sécurité des journalistes soient inclus dans la version finale.

La contribution du FID s’est notamment appuyée sur les premières recommandations de son groupe de travail sur le Renforcement de l’intégrité de l’information sur le changement climatique et les autres questions environnementales, co-présidé par les gouvernements d’Arménie et du Brésil. Depuis février 2025, ce groupe rassemble gouvernements, chercheurs et société civile afin de définir des solutions structurelles garantissant un équilibre entre régulation et liberté d’expression.

L’organisation s’engage à promouvoir ce texte auprès des États signataires du Partenariat international pour l’information et la démocratie, et espère qu’il sera suivi de mesures concrètes aux niveaux international, national et local.

Les premiers États signataires de la Déclaration sont :
Autriche
Belgique
Brésil
Canada
Chili
Tchéquie
Danemark
Estonie
Finlande
France
Allemagne
Islande
Luxembourg
Pays-Bas
Norvège
Pologne
Portugal
Slovénie
Espagne
Suède
Uruguay


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