Nouveau rapport: Dix priorités pour lutter contre la désinformation climatique

Dans son dernier rapport, le Forum sur l’information et la démocratie publie les résultats de son Axe de travail sur l’intégrité de l’information relative au climat et à l’environnement. Coprésidé par les gouvernements du Brésil et de l’Arménie au cours des 12 derniers mois, le rapport appelle notamment à une réforme du marché de la publicité en ligne, à la protection des journalistes environnementaux et à l’intégration de l’intégrité de l’information dans la gouvernance climatique et environnementale.

Alors que les dernières données montrent que le monde n’est pas sur la trajectoire compatible avec l’objectif de 1,5 °C, la désinformation climatique constitue un défi supplémentaire dans la lutte contre le changement climatique et la préservation de l’environnement. Le nouveau rapport du Forum sur l’information et la démocratie propose des mesures concrètes que les gouvernements peuvent adopter pour faire face à ce phénomène.  

“La désinformation climatique est de plus en plus instrumentalisée à des fins politiques et une action urgente des États et des parties prenantes concernées est nécessaire. Le rapport de notre Axe de travail sur l’intégrité de l’information relative au climat et à l’environnement définit clairement les réformes que les gouvernements peuvent entreprendre, dans le respect des principes énoncés dans le Partenariat pour l’information et la démocratie, notamment le droit à la liberté d’opinion et d’expression.” Camille Grenier, directeur exécutif, Forum sur l’information et la démocratie

L’aboutissement d’un processus d’un an

Dans leur avant-propos, les gouvernements de l’Arménie et du Brésil, qui coprésident l’Axe de travail depuis février 2025, soulignent l’urgence de leur mission :

“La protection de l’intégrité de l’information n’est pas seulement un défi technique, mais une condition fondamentale de la gouvernance démocratique et d’une action climatique efficace au XXIᵉ siècle.”

En coprésidant ce travail facilité par le Forum sur l’information et la démocratie, les deux gouvernements ont soutenu un processus international réunissant près de 100 décideurs publics, chercheurs et experts de la société civile issus de 30 pays, afin de définir des mesures concrètes pour répondre à ce que l’ONU et le Forum économique mondial ont identifié comme l’une des principales menaces pesant sur l’humanité.

L’Axe de travail s’est réuni à quatre reprises entre février et décembre 2025 en plus d’une réunion en présentiel organisée à Erevan, en Arménie en mai 2025. Les premiers résultats avaient été présentés en marge de la COP30 à Belém où une vingtaine de pays ont signé la Déclaration de Belém pour l’intégrité de l’information sur le climat.

Une approche globale pour lutter contre la désinformation climatique

Le rapport souligne que les écosystèmes informationnels sont marqués par la désinformation climatique et environnementale, la répression des journalistes et l’accès restreint aux données environnementales. Il rappelle que la plupart des citoyens indiquent qu’il est de plus en plus difficile de distinguer les informations fiables des informations fausses sur le climat sur les réseaux sociaux, tandis que les journalistes environnementaux qui enquêtent et rendent compte de ces enjeux font face à des menaces et à un harcèlement croissants.  

Le rapport propose une feuille de route globale permettant aux gouvernements de soutenir la production d’une information fiable, incluant la protection effective des journalistes et défenseurs de l’environnement, la réforme du marché de la publicité numérique et des incitations économiques alimentant la désinformation, ainsi que le renforcement de la responsabilité des plateformes. 

Il recommande également de renforcer et d’autonomiser les différents réseaux d’acteurs œuvrant pour l’intégrité de l’information, notamment par le renforcement de la recherche, le développement des capacités institutionnelles et une meilleure coordination multilatérale. 

En route vers la COP17 sur la biodiversité et la COP31 sur le climat

En mettant l’accent sur des politiques concrètes que les gouvernements peuvent mettre en place, l’Axe de travail complète d’autres initiatives menées dans ce domaine, notamment l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique, conduite par le Brésil, l’UNESCO et l’ONU. 

À la suite du succès de la COP30 à Belém, les travaux du groupe alimenteront d’autres conférences internationales de haut niveau, telles que la COP17 sur la biodiversité, organisée par l’Arménie en octobre 2026, et la COP31 en Turquie. 

La traduction de ces recommandations en mesures concrètes au niveau national constitue un objectif commun de ces différents processus internationaux. Les premiers résultats sont déjà observés dans des pays tels que l’Arménie, le Brésil, la Belgique et la France. Le Forum sur l’information et la démocratie cartographie actuellement les mesures politiques mises en place par les gouvernements et publiera un second rapport en 2026.  

Principales recommandations

  • Intégrer l’intégrité de l’information directement dans les cadres de gouvernance climatique et environnementale, en reconnaissant que l’action climatique ne peut aboutir sans un accès à une information fiable.
  • Réformer la publicité numérique et les incitations économiques afin de lutter contre la monétisation de la désinformation environnementale.
  • Renforcer la transparence et la responsabilité des entreprises pour révéler les intérêts privés, lutter contre le greenwashing et encadrer les allégations environnementales.
  • Protéger les journalistes et défenseurs de l’environnement comme fondement d’un débat public éclairé et de la redevabilité.
  • Renforcer les cadres réglementaires et la responsabilité des plateformes afin que ces espaces contribuent à l’accès à une information fiable et soient tenus responsables de leurs systèmes.
  • Consolider la liberté des médias, leur viabilité et un journalisme environnemental de haute qualité en tant que bien public.
  • Améliorer la communication scientifique, l’intégrité des données et l’inclusion numérique pour garantir un accès universel à une information environnementale fiable.
  • Développer l’éducation à l’environnement et aux médias afin de renforcer la résilience sociétale face à la désinformation.
  • Étendre la recherche, le suivi et les méthodologies partagées sur la désinformation environnementale et les opérations d’influence.
  • Renforcer les capacités institutionnelles et la coordination multilatérale, en alignant les efforts nationaux sur des initiatives internationales telles que l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique.

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